Publications de Peter Kerdraon (13)

Résumé de mon stage

Un résumé de mon stage.

Lors de mon stage j'ai rencontré plusieurs problèmes, je voulais vous en parler et des choses qui m'ont apporté La langue usuelle ,en l’occurrence l'espagnol, fut une épreuve compliquée. Le travail mené avec les gardes m'a permis de me mêler à leur vie, L'amitié que j'ai construite avec les gardes m'a fait connaître un pays, des habitants, un nouveau monde.

La langue

Le début fut difficile, le barrage de la langue était un obstacle qui limitait les échanges, je n’avais pas pratiqué l’espagnol depuis deux ans, mais au bout d’un mois les discussions devinrent plus aisées. Pendant une grande partie de mon stage, je parlais «la langue des gestes», un discours universel qui atteint vite ses limites dans de vraies discussions, notamment lorsqu’il s’agit de comprendre son maître de stage. A la fin de mon séjour je pouvais avoir des échanges constructifs avec les employés du Parc.

Pendant la durée du stage, j'étais en compagnie de deux français de la même promotion que moi. Au début du séjour nous parlions régulièrement français, et je compris que ces échanges agréables étaient un inconvénient à mon intégration. On apprend plus facilement une nouvelle langue en allant tout seul dans un pays, on est obligé et contraint de communiquer dans la langue locale. Rapidement, je suis allé spontanément vers les Chiliens. Le fait d'être à trois est rassurant pour l'avion, les problèmes d'assurances et d'insécurité. Heureusement, nous étions soudés, et nous pouvions compter les uns sur les autres. La venue d'un garde forestier dans notre logement nous a obligés à parler en espagnol dans la vie de tous les jours et en dehors du stage. Mon niveau d'espagnol a rapidement progressé grâce à la vie en colocation.

Je suis parti une semaine dans un monument de Puhiéé, je me suis retrouvé seul en compagnie de trois espagnols. Cette période m’a permis d’acquérir de l'assurance dans cette langue, j'ai échangé avec les gardes sur les différences entre la France et le Chili dans la gestion de l’environnement. La confrontation des idées fut parfois mouvementée, chacun défendait ses positions avec passion, j'ai apprécié ces divergences de comportements dans le milieu naturel dictées par des cultures différentes.

Mes missions

L'une de mes missions était la traduction de panneaux Espagnol-Français, pour permettre de se familiariser avec la langue et permettre aux touristes français de s'informer sur le Parc. Cette mission m'a permis de connaître le Parc, son histoire, son écosystème et d'apprendre la conjugaison espagnole.

Ma mission principale consistait en la réalisation d’un sentier d’interprétation pour les enfants. Le sentier devait permettre de montrer le monde du «petit» à travers une loupe. J'ai donc créé un livret, illustré par mes dessins. Ce travail m'a pris cinq semaines. J'ai ensuite fabriqué des panneaux pour les mettre en relation avec le livret, environ deux semaines m’ont été nécessaires. La mise en place du sentier a duré deux semaines, j'ai dû gérer un chantier sur deux jours et effectuer d'autres travaux seul. Ce travail m'a occupé pendant tout mon stage. J'étais libre de mon emploi du temps, ce qui m'a permis de travailler régulièrement sur ce sujet qui me tenait à cœur. Je ne travaillais pas en continuité sur cette mission, car j'avais d'autre impératifs. On avait le choix de travailler dans notre maison ou dans le bureau de la structure. J’ai préféré m’installer dans les bureaux pour passer du temps avec l’équipe des gardes forestiers.

J'aidais l'équipe des gardes forestiers dans leurs tâches de tous les jours. J’ai fait du ciment, pour la construction d’un nouvel entrepôt, ce travail physique et éprouvant m’a appris à monter un mur digne de ce nom. Il me semble que je suis capable de refaire seul une construction de ce type. Avec l’aide d'un garde j’ai mis en place des cloisons afin de créer de nouveaux bureaux dans la structure. Le travail est plutôt simple,étant donné que les maisons sont entièrement en bois. Nous avons dressé des poutres, puis un premier mur de planches de bois, ensuite l’isolation (du polystyrène) et ensuite un autre mur en bois. Une construction simple et rapide que je n’aurais pas pu imaginer tout seul. J’ai aidé à la pose de panneaux adaptés aux non voyants et à la restauration d’un sentier, accessible aux personnes à mobilité réduite dans le seul parc du Chili qui a adapté des sentiers aux personnes handicapées.

Je me suis souvent occupé de l’accueil, j’expliquais les sentiers, leurs accessibilités, puis je délivrais des billets d’entrée. Cette expérience est assez stressante au début, je craignais de ne pas être suffisamment clair. Très rapidement j’ai pris confiance et beaucoup de plaisir à ces rencontres avec les visiteurs.

Je suis parti plusieurs journées de suite avec un garde sur les tourbières et dans les sentiers afin de procéder à l’état des lieux des chemins. Lors des patrouilles les gardes m’apprenaient la flore des tourbes et leur fonctionnement et j’ai découvert qu’il n’existe pas de différences entre une tourbière chilienne et une tourbière française. Le garde m'apprenait les noms des espèces floristiques présentes, leurs utilisations médicinales. Des suivis ornithologiques avaient lieu à Punihuil, (cette partie du parc est situé au nord de Chiloé). J’ai participé à trois suivis suivant un IKA déjà mis en place. Je n’ai pas fait le protocole, car il était déjà en place, il est d’une importance capitale en raison de la présence de nombreuses espèces migratrices. Ce travail m’a donné des bases sur les oiseaux du Chili. J’ai assisté à la remise en liberté d’une espèce en voie de disparition, le Renard de Darwin. Des fermiers ont sauvé le renard d’attaques de chien et nous l’ont confié afin que nous puissions le relâcher dans son milieu naturel dans une partie protégée du Parc. Pour moi ce fut une expérience très enrichissante et gratifiante.

L'amitié

L’équipe était composée de quatre gardes forestiers, j’ai tout de suite eu de bonnes relations avec eux. Nous partagions les mêmes centres d’intérêt, et le contact fut aisé. Je suis allé manger chez eux, rencontrer leurs familles...Ils ont apprécié le fait que j'ai partagé pendant un courts instant leurs vies, leurs difficultés de tous les jours. Ils ne me prenaient pas pour un touriste mais me considéraient comme un Chilien vivant avec eux, partageant les mêmes joies telle que la victoire du Chili lors de la coupe d’Amérique de football. Pourtant je n'apprécie pas particulièrement ce sport mais c'est important d'oublier ses préjuges pour profiter de chaque instant offert. Je vivais dans un logement sans machine à laver, sans chauffage et sans douche. J'allais chez eux faire ma lessive, prendre une douche chaude. Ces moments nous on rapprochés. La rigueur du climat et des conditions d’hébergement plutôt spartiates ont favorisé le rapprochement. J'ai eu un relationnel amical et professionnel, c'est important de différencier les deux mais je me suis senti accepté et heureux de faire partie du Chili. A la fin du stage j'étais leur enfant, un frère, un confident mais aussi un employé du Parc, je me suis ouvert à eux pour leur donner mon cœur et ils m'ont offert bien plus. La séparation fut triste mais inévitable, je suis toujours en contact avec certains d'entre eux.

Je me suis souvent occupé de l’accueil, j’expliquais les sentiers, leurs accessibilités, puis je délivrais des billets d’entrée. Cette expérience est assez stressante au début, je craignais de ne pas être suffisamment clair. Très rapidement j’ai pris confiance et beaucoup de plaisir à ces rencontres avec les visiteurs.

Je suis parti plusieurs journées de suite avec un garde sur les tourbières et dans les sentiers afin de procéder à l’état des lieux des chemins. Lors des patrouilles les gardes m’apprenaient la flore des tourbes et leur fonctionnement et j’ai découvert qu’il n’existe pas de différences entre une tourbière chilienne et une tourbière française. Le garde m'apprenait les noms des espèces floristiques présentes, leurs utilisations médicinales. Des suivis ornithologiques avaient lieu à Punihuil, (cette partie du parc est situé au nord de Chiloé). J’ai participé à trois suivis suivant un IKA déjà mis en place. Je n’ai pas fait le protocole, car il était déjà en place, il est d’une importance capitale en raison de la présence de nombreuses espèces migratrices. Ce travail m’a donné des bases sur les oiseaux du Chili. J’ai assisté à la remise en liberté d’une espèce en voie de disparition, le Renard de Darwin. Des fermiers ont sauvé le renard d’attaques de chien et nous l’ont confié afin que nous puissions le relâcher dans son milieu naturel dans une partie protégée du Parc. Pour moi ce fut une expérience très enrichissante et gratifiante.

L'amitié

L’équipe était composée de quatre gardes forestiers, j’ai tout de suite eu de bonnes relations avec eux. Nous partagions les mêmes centres d’intérêt, et le contact fut aisé. Je suis allé manger chez eux, rencontrer leurs familles...Ils ont apprécié le fait que j'ai partagé pendant un courts instant leurs vies, leurs difficultés de tous les jours. Ils ne me prenaient pas pour un touriste mais me considéraient comme un Chilien vivant avec eux, partageant les mêmes joies telle que la victoire du Chili lors de la coupe d’Amérique de football. Pourtant je n'apprécie pas particulièrement ce sport mais c'est important d'oublier ses préjuges pour profiter de chaque instant offert. Je vivais dans un logement sans machine à laver, sans chauffage et sans douche. J'allais chez eux faire ma lessive, prendre une douche chaude. Ces moments nous on rapprochés. La rigueur du climat et des conditions d’hébergement plutôt spartiates ont favorisé le rapprochement. J'ai eu un relationnel amical et professionnel, c'est important de différencier les deux mais je me suis senti accepté et heureux de faire partie du Chili. A la fin du stage j'étais leur enfant, un frère, un confident mais aussi un employé du Parc, je me suis ouvert à eux pour leur donner mon cœur et ils m'ont offert bien plus. La séparation fut triste mais inévitable, je suis toujours en contact avec certains d'entre eux.

Voici une vidéo réalisée comme mission de stage par Léo Denais.

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Le désert d'atacama 3ème Partie

Les deux brésiliennes

           Cette aventure restera la plus longue, la plus compliquée mais je pense à l’une des histoires les plus comiques de ma vie. Depuis le début du voyage tout nous réussi, nous avons de la chance bien plus de chance que de muise. Certaines personnes disent que c’est parce que je suis blond… je pense plutôt, qu’en donnant beaucoup, tu reçois beaucoup. Cette histoire se passe sur plusieurs jours et elle est digne des romans d’aventures.

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Nos conductrices admirant les saler 

Mardi 12 Août

           Après notre arrivé à San Pedro, nous sommes démoralisés par les prix des visites et des voitures de location. Nous décidons d’aller boire une bière dans l’espoir que l’alcool trouve la solution, elle ne la trouve jamais mais l’espoir fait vivre. A côté de nous deux une table de français en train de boire une bière, nous allons les voir pour savoir si les visites sont intéressantes et si ça vaut la peine. Ils nous expliquent que le paysage est magnifique mais que tout dépend du guide… Nous leur expliquons notre projet, louer une voiture pour la journée mais il nous manque deux personnes pour payer moins cher. Ils ne veulent pas venir avec nous, ils sont trop nombreux, nous continuons à boire et en allant fumer une cigarettes deux chicas, très bien habillées, petit chapeau noir, en robe avec des talons viennent à notre rencontre. Elle veulent une cigarette nous la leur donnons et parlons de tout et de rien, et là Léo arrive dans la conversation et demande si elle veulent partir avec nous. Pas la peine de louer de voiture, nos deux brésiliennes ont une voiture pendant 5 jours, elles ont peur de partir et voudraient donc qu’on les accompagne. Nous les invitons à boire des verres comme de véritables gentlemen. D’autres personnes viennent a notre table, français, argentin , tout le monde paye des coups et nous arrivons a une sorte d’orgie ou toutes les personnes n’ont que le mots santé a la bouche. Nos charmantes brésiliennes nous invitent a leur hôtel pour boire quelques verres. Nous parlons de la vie, de ce qu’elle font puis nous partons à notre camping en fixant un rendez-vous demain a 13 h sur la place du village.

ATTENTION : l’altitude décuple l’alcool dans le sang.

Mercredi 13 Août

               13 h : Nous sommes au rendez-vous, 10 minutes passent, personne puis 1 heure passe toujours personne. Elles nous ont posé un lapin…. Nous avions échangé nos facebook et elles nous avaient rajouté, on laisse un petit message si nous changeons de programme et nous nous disons qu’elles répondront plus tard.

Jeudi 14 Août

             Nous avions fait nos activités, bien fatigués et tristes de ne pas avoir de nouvelles….. Nous décidons d’aller à leur hôtel, nous n’avions rien à perdre ! Nous partons à la recherche de nos deux riches brésiliennes dans leur superbe hôtel. Personne dans leur chambre, nous repartons tristes et sans notre tour en voiture, mais nous ne perdons pas aussi facilement espoir. A chaque problème, il y a toujours une solution. Laissons un mot sur leur porte « Salut les filles, nous sommes allés vous voir mais vous n’étiez pas là… demain rendez vous a 9 h pour la balade. On espère vous voir, gros bisous des mousquetaires. ; cœur » Le lendemain est l’ultime soirée avant que nous partions et qu’elles partent. Nous recevons un message sur Facebook « Nous serons là demain gros bisous cœur » La chance est revenue !!. Tout le camping est jaloux et aimerait partir avec nous.

Vendredi 15 Août

           Réveillés à 8 h dans l’espoir de partir à l’aventure, nous continuons nos traditions et allons acheter nos baguettes françaises et nos pains au chocolat. Nous sommes sur place à 9 h. Si elles ne viennent pas nous partirons nous promener au milieu de cascades et de canyons. 9 h 10 toujours personne, nous ne savons pas trop quoi faire, notre bus part à 9 h 30, nous décidons d’attendre jusqu’à 9 h 20. Si elles ne sont pas là nous partirons, par magie elles arrivent à 9 h 18 pour notre plus grand bonheur. Nous partons pour 400 km dans les montagnes à la recherche d’espèces exotiques et de dépaysement.

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Cap du tropique de capricorne

            Le 4×4 rouge file à toute allure sur la route. Au bout de 10 km, le paysage est déjà à couper le souffle, des volcans au loin, les arbres ne sont plus présent, seuls poussent de petits arbustes robustes résistant au soleil du midi. Le premier objectif de la matinée est d’aller dans les salers. Il y a fort longtemps, un océan faisait place au désert, lors du rapprochement des plaques tectoniques, l’océan a disparu pour donner un plateau immense. Dans la roche, le sel est présent en grande quantité, de ce fait un peu de pluie dessus et un océan de sel surgit. Il existe peu d’étendues de sel, la plus grande se trouve en Bolivie, puis en Amérique et la dernière au Chili. Ces trois zones représentent 90 % du sel dans le monde. Il existe dans les salers des lacs, la formation des lacs a duré 20 millions d’années. La particularité est une eau est très salée. Les touristes adorent s’y baigner et flotter à la surface. L’eau est donc polluée par les parfums, la crasse des hommes…. Les flamands ont fui la zone, éblouis en permanence par les flashes des appareils photo et les selfies. Ils ne reste plus que 3 ou 4 flamands roses, les autres sont partis se réfugier dans les montagnes. Les flamands sont de drôles d’oiseaux, ils ont un bec de perruche, avec un long coup, quand ils volent on croirait voir le concorde. La couleur rose vient de leur alimentation, ils ne mangent qu’une sorte d’algue de couleur rouge alors leurs corps a pris cette pigmentation rose. Tous les flamands ne sont pas roses, il en existe plusieurs espèces.

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Vigogne dans l’étendu du désert

         Après ce moment de contemplation, nous repartons pour les pieras rojas, l’objectif de tout géologue. C’est une formation de roche rouge sang de dix mètres dans un milieu désertique près d’un lac d’eau chaude et de montagne enneigée. Ce lieu est situé a environs 100 km des flamands, nous reprenons la route à toute allure mais la faim nous démange… Arrêt obligatoire dans un village pour nous restaurer un peu. La ville ne vit que du tourisme, 200 habitants 6 restaurants en partenariat avec des agences touristiques. Nous mangeons bien mais pas assez pour nos chères brésiliennes. La nourriture tient au corps mais c’est pas de la nourriture culinaire, un café pour reprendre des forces et la route file droit devant nous. Nous arrivons sur une autre route, plus roots, nous remercions les amortisseurs du 4X4 ! Nous passons le Tropique du Capricorne, un arrêt s’impose pour immortaliser ce moment unique, un lézard vert pointe le bout de son nez pour nous montrer que même dans le désert, la faune est présente. Nous repartons mais un deuxième arrêt s’impose, un renard sort des buissons pour se positionner devant nous, il nous regarde d’un œil, l’autre étant fermé. Nous sommes surpris de voir un animal si sauvage se rapprocher si près de nous, ils n’est plus si sauvage… Les touristes lui donnent à manger, et c’est pour cette raison qu’il vient à notre rencontre. Je me souviens d’une fable de la Fontaine « le chien et le loup » la Fontaine explique que l’indépendance est importante et que le loup préfère sa liberté même s’il a les os sur le corps, que de vivre attaché à l’être humain, au contraire du chien. Nous croisons une vigogne (lama) isolée allongée à terre, nous nous arrêtons et je cours à sa rencontre, puis je m’arrête, je regarde d’où le vent vient, parfait il ne me sentira pas ! J’attends puis j’avance petit à petit il me regarde, je m’accroupis je me rapproche à petit pas, j’observe toutes les expressions de son visage, il m’a senti. Il me regarde puis se lève, je le mitraille de photos. J’ai partagé ce bonheur avec lui, la solitude d’être seul parmi tant de sable, j’avais l’impression de faire qu’un avec lui, de vivre un moment unique, émerveillé par cette espèce sauvage chassée pour son poil. Nous en voyons d’autres au fil du trajet mais je me souviendrai toujours de ma première rencontre et de notre complicité pendant quelques secondes. Nous arrivons enfin au pieras rojas, situé a 3200 mètre d’altitude où le vent souffle à 200 km/h, le vent s’engouffre dans la voiture et propulse les cartes a des kilomètres en une seule seconde, les portes sont difficiles a fermer, mais le paysage est impressionnant. Le lac d’eau turquoise, la roche rouge sang, les buissons de couleur jaune pale, le ciel d’un bleu vif sans nuage et enfin la neige sur les montagnes. J’ai l’impression de voir une peinture et de vivre un rêve. J’ai du mal aujourd’hui encore à me dire que je suis allé là bas, la Bretagne est belle par ses couleurs mais voir de si beaux paysages me donne envie de voyager et de repartir vers l’inconnu. Nous repartons vers San Pedro pour manger et repenser à notre chance.

P1060670La joie de vivre

Pendant ce voyage j’ai vécu des instants magiques et d’autres un peu moins, le mal du pays le manque de ma famille et de mes amis. Cependant quand je réalise la chance que j’ai eu de faire ce voyage, de découvrir des personnes extraordinaires prêtes à donner tout ce qu’elles peuvent, je n’ai qu’une envie : repartir et découvrir d’autres coins du monde.

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Le désert d'atacama 2ème Partie

Vallée de la Luna.

Notre première excursion.

DSC_0243vallée de la luna 

               Après notre repérage des lieux, de la seule taverne du coin et de notre rencontre fortuite avec Lisa, nous lui donnons rendez-vous le lendemain pour aller faire du vélo. Nous sommes un peu manito de wawa. J’aime bien cette expression qui veux dire radin, le sens littéral est « main de bébé », car l’enfant ferme tout de suite sa main dès qu’il a un objet dans sa main. L’espagnol et en particulier les expressions chiliennes sont très imagées. Comme nous n’aimons pas jeter notre argent par les fenêtres nous avons choisi le vélo, moyen de déplacement le moins cher. Nous avons payé 500 pesos soit moins de 1€ pour avoir une selle donnant un mal de chien à ne plus pouvoir s’asseoir le lendemain et en prime seul le deuxième plateau fonctionnait. Nous décollons pour aller voir la lune mais auparavant nous nous accordons comme chaque matin un petit luxe : un croissant ou un pain au chocolat acheté dans la boulangerie française tenue par un français. Quel délice ! Nous avons été ses plus fidèles clients pendant une semaine, le pain français nous avait manqué. Dans le désert les amplitudes thermiques sont importantes et pénibles. Le matin les températures se situent entre 0°C et 4°C, tu t’emmitoufles dans ton gros manteau et dès que le soleil arrive tu le jettes, le grand cagnard te donne des coups de soleil bien méchants ! Dans la journée, la température peut atteindre facilement plus de 20 °C. Après nos quelques kilomètres dans le froid, nous arrivons à notre destination. Quand j’étais gamin j’adorais regarder les cratères de la lune, elle m’impressionnait par son silence, je me suis toujours demandé si je pourrais y aller un jour comme Armstrong. Aujourd’hui’ je n’ai pas utilisé de fusée, seulement une bicyclette et j’y suis. J’ai atteint mon rêve d’enfant. Tu regardes un peu à côté de toi et bien entendu il n’y a rien, juste des montagnes recouvertes d’une matière blanche qui te fait penser à de de la neige, alors tu vas voir de plus près et tu découvres du sel, tu ne comprends pas comment tous ce sel a pu atterrir là. Tu prends ton Routard et tu vois l’explication « la roche contient un taux important de sel, en contact avec la pluie, le sel suinte des pierres pour donner cet aspect blanc » Heureusement qu’il est là le guide. Puis après encore quelques kilomètres, une sorte de canyon s’ouvre devant toi, tu lâches ton vélo et tu pars à l’aventure. Des chemins étroits te conduisent à observer de plus près cette pierre et tu aperçois des milliers et des milliers de cristaux. Un ami de mon père m’avait dit que les pierres étaient vivantes, je l’avais cru, puis on m’avait affirmé le contraire. Ici, maintenant devant ce paysage je pense que la première version est la bonne, même si cette pierre ne respire pas, ne bouge pas elle peut t’ émouvoir comme si elle était un être vivant. Le chemin se poursuit encore t’emmenant dans des grottes ou tu fais corps avec la roche. Puis nous revenons à la surface et nous sommes sur les montagnes, tu te sens libéré de ce confinement, protecteur du soleil.pendant un cours instant. Nous revoilà partis à bicyclette, nous gravissons des collines qui me rendent la vie dure. Il est vrai que je suis un fumeur régulier et que le sport et moi on est pas très copains depuis un petit moment. L’altitude ne m’aide pas. Je m’essouffle rapidement, alors je douille mais croyez moi jamais tu ne verras de paysages aussi beaux, nous atteignons des dunes géantes. J’aimerais les monter et les dévaler mais ce sera pour une autre fois avec un snow. Celles-ci sont protégées. On monte un peu en suivant la dune pour avoir une vue sur toutes les montagnes. Les montagnes dégagent une telle énergie que je prends conscience de la fragilité de l’homme, de sa possible disparition face à des paysages qui, eux, ne bougeront pas et resteront gravé dans le marbre, et dans ma mémoire. Nous suivons un chemin sur une crête qui nous conduit à un dénivelé de 500 m de chaque côté, j’ai l’impression que notre vie ne tient qu’à un fil. Maintenant que nous ressemblons tous a des écrevisses, nous sortons de ce rêve. Le vent souffle et nous aide à avancer mais le sable nous pique la peau et s’engouffre dans nos nez, nos yeux. Nous arrivons a San Pedro et allons boire un café pour terminer l’aventure avec un peu de musique et des discussions sur les prochaines excursions.

La vallée de la muerte.

           Nous avons appris qu’on pouvait faire du snow sur du sable, je n’en avais jamais fait. Mes potes étaient bien motivés. Pour faire ce genre d’activité, il y a deux possibilités, le tour avec musique, DJ et on t’emmène en voiture sur le site ou alors tu prends un vélo une planche de snow et tu te démerdes avec ton snow. Bien évidemment nous avons choisi la seconde option, un peu pour les pesos mais aussi parce que c’est plus sympa de partir à l’aventure et de ne pas faire nos papys. Pour aller aux dunes, nous devons traverser la vallée de la muerte, j’ai l’impression de me retrouver dans  des aventures fantastiques où le danger nous guette a chaque instant, aucun monstre vient nous attaquer seulement des touristes, on croirait voir des zombies. La vallée de la muerte signifie vallée de la mort, elle porte bien son nom vu la couleur de la roche rouge sang qui te regarde de haut. En tout cas nous voilà en train de faire du VTT dans des canyons, tu dévales à toute vitesse, tu te fais peur mais tu passes un bon moment. La route est de plus en plus difficile, le sable t’empêche d’avancer alors nous continuons à pied pour arriver au Graal. La dune est devant nous, elle nous attend, le sable est chaud et ne demande qu’à être fendu sous nos snow. Florent nous explique les rudiments du snow, jambes d’appui comment tourner et nous partons gravir la dunes. Il n’y a pas de télésiège nous ne sommes pas à la neige alors pour atteindre le somment de la dune, tu en as bien pour 15 minute à souffrir sous le soleil qui te fait transpirer a grosses gouttes. Puis c’est parti la descente, où ça va vite, je dois faire quoi !!! paf merde j’ai du sable dans la bouche, c’est pas grave je recommence et c’est encore dans le sable…. Au bout de quelques descentes tu t’habitues et tu deviens un pro du snow ! Le seul problème c’est que tu passes beaucoup de temps à monter pour descendre pendant 15 secondes, mais ces secondes de donnent tellement d’adrénaline et de joie. L’avantage de ne pas faire en tour c’est que tu peux descendre en slip et faire beaucoup plus de descentes. Après un petit repas et des séances de photos nous repartons vers notre camping pour prendre une douche et ensuite faire de la musique en buvant une bière fraîche.

DSC_0288Florent en train de faire du snowbord dans le sable

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le désert d'atacama 1er Partie

Place aux vacances.

C’est la fin du stage, 10 semaines se sont écoulées à une vitesse grand V, les missions sont terminées. Le parc dispose d’un nouveau Sentier pour les enfants et moi de 10 jours de vacances bien méritées ! Chiloé est magnifique, une île unique où la pluie est un peu trop présente à mon goût alors nous décidons, mes compères Florent, Léo et moi d’aller à la rencontre du SOLEIL.

DSC_0022une route, un désert

Nous avions comme projets d’aller à La Serena, ville côtière située à près de 500 km au nord de Santiago pour voir les pingouins et les étoiles, puis à San Pedro d’Atacama contempler le célèbre désert qui se situe à plus de 2000 m d’altitude, l’un des lieux les plus arides du monde. Nous apprenons que le temps n’est pas au beau fixe en raison de l’activité du phénomène d’el Niño, un courant océanique provoquant des changements de climat dans le pays, pluies, tempêtes, température de l’eau plus élevée, coulées de boue etc…

Pour atteindre notre paradis SAN PEDRO, nous avons environ 3000 kilomètres à parcourir depuis Chiloé ce qui correspond au trajet Madrid-Helsinki. Pour effectuer ce genre de voyage il y a plusieurs possibilités : le stop, le meilleur moyen de voyager pour rencontrer des personnes mais il faut du temps ; l’avion : rapide, trois ou quatre heures et tu y es déjà mais la carte bancaire est hors d’usage ; le bus : le moyen de transport pas cher et fiable mais tu dois être patient, trois jours dans sur la route c’est long…

Notre choix se porte sur le bus. La vie y est assez monotone, tu dors puis tu réfléchis à ton existence, tu regardes un nanar à la télé, on t’offre des gâteaux et un jus de fruit interdit en France, ce n’est pas un nectar mais une sorte de poudre artificielle remplie d’additifs et de colorants. Voilà comment se résume ta vie pendant ces quelques jours. Après avoir vécu une telle expérience tous les trajets te semblent courts et tu apprends à faire des activités le plus lentement possible.

Nous traversons de nombreuses villes mais l’une d’elles m’a tout particulièrement marqué : Calama. Je ne vous parlerai pas de sa beauté mais plutôt de son côté sinistre. Elle est considérée comme la ville la plus dangereuse du Chili. Elle est située dans le désert. Dans cette contrée les villes et les routes se font rares. Par contre les mines pullulent, et qui dit mines dit des gros durs pour s’en occuper. Le week-end nos miniers perdus dans le désert ont besoin de s’amuser et de dépenser leurs pesos durement gagnés, alors ils vont à Calama pour boire du Picon et voir les prostituées. Le problème c’est que la bagarre n’est jamais loin. Le vol est le sport local favori. Les touristes sont obligés de passer par cette ville avant d’aller à San Pedro dépenser leur argent.

DSC_0186Notre maison, notre refuge 

San Pedro est une ville magnifique, les maisons sont construites en adobe, briques de terre crue couleurs ocres, elles ont quelque chose de typique et ressemblent beaucoup aux maisons du Maroc. Les matériaux des villes du désert sont toujours les mêmes quelle que soit la latitude. La terre est à la portée de tous, facile à travailler et pas cher. Elle s’impose naturellement. Parfois une église peinte en blanc apparaît au coin d’une rue. La ville est une oasis, des poivriers et d’autres espèces d’arbres poussent à foison pour notre plus grand bonheur. Victime de sa beauté, elle est devenue un lieu touristique important du Chili. Le paysage entourant ce village est d’une beauté unique, minéral et lunaire. De nombreux restaurants et des maisons d’auberge se sont développés le long des rues. Nous décidons d’aller dans une maison d’auberge-camping qui s’appelle « Hostall Sol el Caliente », Après avoir vécu en ermite pendant des années nous avions besoin de voir du monde, des personnes partageant la même envie de voyager et nous ne nous sommes pas trompés d’auberge. C’est la moins chère de la ville et la plus sympa des hostal, le soir après les excursions de la journée nous nous réunissons tous autour d’une bière pour parler un dialecte composé de français, d’espagnol, d’anglais et d’un peu de portugais. Toute ces personnes rencontrées ont en général un vécu et des expériences de voyage qui m’impressionnent, certains sont partis lassés des cours et de leur quotidien, d’autres pour vivre leur deuxième vie de Chat. Chacun a son histoire et nous partagions tous le plaisir du voyage. Une personne m’a marqué dans ce lieu, il est argentin et s’appelle Joacko un prénom à la fois basque et espagnol ; Il m’a impressionné par sa vie, une personne très cultivée malgré les apparences et il était fièr de le dire. Il aurait pu gagner 1000 à 2000 € par mois, ce qui représente un salaire de ministre au Chili mais il n’en a pas voulu car il avait peur que l’argent le corrompe. Un être simple avec un cœur ouvert comme beaucoup de personnes rencontrées dans notre coin de paradis. Toutes les soirées étaient différentes car les personnes venaient pour une nuit puis repartaient. Une grande majorité de Français étaient présents, c’est une destination phare pour nous ainsi que la Bolivie, le Pérou et le nord de l’Argentine. Le problème dans cette oasis c’est que si tu ne te forces pas à parler espagnol, à rencontrer des Chiliens, tu peux vivre comme si tu n’avais pas quitté la France. Attention à toi si tu pars dans ces pays, ne prends pas la voie de la simplicité, tu perdras l’essence du voyage.

San Pedro est aussi un parc d’attractions, des agences te proposent de t’emmener en minibus voir des geysers, une réserve de flamands roses, des montagnes mais dans ces tours organisés, tu payes de 20 à 60 € la demi-journée pour voir la nature….Tout peut être payant. Pourtant cette nature est gratuite et devrait être accessible au plus grand nombre. Dans le refus de passer pour des touristes acceptant de jeter de l’argent nous sommes partis à bicyclette à la rencontre des montagnes. Beaucoup de lieux en Amérique latine fonctionnent de la même manière, pour aller au Machupichu l’entrée est de 150 € en moyenne.

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Un stage mais pas que

Maintenant que vous connaissez ce magnifique pays qu’est le chili, en particulier Chiloé, je vais vous parler de mon stage.

Je suis parti avec deux amis de Bretagne, élèves tout comme moi de la filière BTS Gestion et

Protection de la Nature au lycée agricole de Suscinio. Le BTS nous apprend à mettre en place

des suivis de Gestion et nous prépare à l’animation nature. C’est dans cette continuité que

nous effectuons un stage pour acquérir des savoirs dans ces domaines. Notre stage doit durer

au minimum huit semaines. Il doit contenir des missions propres et le stagiaire doit être en

autonomie dans certaines d’entre elles. Sylvie Malgorn, intervenante dans notre lycée nous a

informés des possibilités de réaliser des stages à l’étranger. Cette formule nous a vivement

intéressés. Seule ombre au tableau : se procurer et fournir de nombreux documents dans un

délai relativement court (les assurances, le passeport, les bourses, les discussions avec le

commanditaire, l’approbation avec le lycée). Les difficultés s’accroissent quand vous voulez

partir à l’extérieur de l’Europe, mais croyez moi, ça vaut le coup !

Notre stage se déroulera donc dans le Parc National de Chiloé qui appartient à l’état chilien, il est géré par une agence gouvernementale appelée CONAF, cette agence intervient dans les incendies forestiers, la gestion forestière, les monuments naturels et l’éducation à l’environnement dans tout le Chili. Notre structure d’accueil et notre maître de stage répondent parfaitement aux objectifs fixés par notre formation BTS. Le parc a une superficie de 43000 hectares et se trouve sur la côte ouest de l’île, une grande partie n’est pas accessible au public, afin de protéger certaines espèces comme le pudu, la grenouille de Darwin… Une autre partie a été conçue et ouverte pour le public avec des sentiers praticables pour les fauteuils roulants, balisés pour les non-voyants. La présence de différents milieux comme la tourbe, une forêt primaire et secondaire, des dunes et une plage, donnent une biodiversité spécifique dont le public peut profiter grâce à des sentiers aménagés.

À certaines missions similaires pour les trois stagiaires que nous sommes s’ajoute une mission personnelle. Nous devons tous nous occuper de la gestion des sentiers, traduire des panneaux espagnols français et passer une semaine au monument de Punihuil pour réaliser des inventaires ornithologiques et géologiques. En ce qui concerne les missions personnelles, Florent doit mettre en place un herbier, Léo doit s’occuper de la création d’une vidéo sur les tourbes et moi je suis chargé de la mise en place d’un sentier à partir de loupes pour les enfants.

Notre stage est essentiel pour la suite de nos études et je suis très conscient de vivre une expérience privilégiée dans une nature riche et forte, parfois hostile à l’homme. Ici l’homme doit s’adapter en permanence et respecter ce milieu dans lequel il vit et où nous allons séjourner pendant quelques semaines. J’ai donc décidé de ne pas oublier l’homme dans mon stage. Pour se faire je vais aller à sa rencontre bien que mon espagnol ne soit pas parfait. J’ai très envie de savoir qui sont ces humains qui vivent sur Chiloé, une île grande comme la
Corse battue par la houle du Pacifique.

José garde forrestier du secteur de Punihil

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Le Renard de Darwin

Après un réveil difficile, nous décidons de ne rien faire ce dimanche, la journée commence plutôt mal, il va pleuvoir toute la journée, pas de gaz et donc pas de nourriture chaude…On retourne dans nos plumards pour visionner des films que nous ne verrons pas. Roger, un garde forestier pousse notre porte brutalement et s’écrie affolé « des villageois ont attrapé un renard de Darwin, venez, venez ! »

On saute du lit à toute vitesse, on voit un tout petit renard paniqué par une foule de personnes agglutinées autour de lui. Les villageois nous expliquent que le renard était en train de se faire attaquer par des chiens errants qui s’en prennent également au pudu (petit cervidé local). Ici au Chili les chiens sont les maîtres des rues. Les paysans ont réussi à attraper le renard et à le mettre dans une boite, ils l’ont rapporté aux gardes afin qu’il soit relâché un peu plus loin dans une partie retirée du parc. Le renard de Darwin est minuscule, c’est l’un des plus petits de sa famille, son pelage est dans les tons bruns parsemé de poils blancs, ses oreilles sont pointues et rousses, il aboie d’une façon tellement aiguë qu’il en fait rire les enfants. Il ressemble à une peluche que l’on a envie de prendre dans ses bras et de câliner. Nous voilà donc installés à l’extérieur d’un 4X4 tenant la précieuse caisse de notre protégé. Sur notre route nous récupérons des enfants afin qu’ils puissent vivre cet évènement. Après quelques kilomètres sur des routes impraticables, le moment est venu de le relâcher. Roger ouvre la cage, mais le renard ne veut pas partir, il s’est pris d’affection pour les humains et ne veut plus nous quitter. Nous lui faisons juste un peu peur. Il faut dire que nous avons des apparences hirsutes et donc peut-être inquiétantes, style hommes de Cro Magnon, pas de douche depuis plus d’une semaine, une barbe qui n’arrête pas de pousser, nous sommes devenus des véritables hommes de la forêt. On le pousse un peu et il finit par s’éloigner à petits pas pour aller retrouver la vie sauvage parmi les siens. J’ai l’impression d’avoir vécu un évènement important. C’est comme si je faisais partie d’un documentaire d’Arte sur la réinsertion d’espèce en danger. J’en ai des frissons de plaisir.

renard de darwin

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Trail au Chili

Le dimanche 12 juillet, un trail est organisé dans la ville de Cucao, ville la plus proche de notre lieu de stage. L’évènement est important. Des participants du monde entier ont répondu présents : cent-cinquante Chiliens, trois argentins et UN français !!!

La compétition est organisée par un journal local, le parcours très accidenté fait 25 km et passe par les montagnes, la plage et de nombreux chemins remplis de boue… J’avais déjà fait cette balade il y a quelque temps et je l’avais trouvée splendide, j’avais vu des lobos marinos (variété d’otarie locale ?), cinq espèces de cormorans dans un paysage de carte postale. Des falaises de deux cents mètres de hauteur, des pelouses marines très vertes envahies de moutons donnent un air d’Irlande à ce tableau. Selon les légendes, les morts font le tour du monde puis passent par cet endroit avant de rejoindre le paradis et j’admets que si je pouvais repasser par là avant d’aller dans l’autre monde j’en serais ravi, c’est l’un des plus beaux coins que j’ai vu. Léo mon pote, le stagiaire de CONAF, notre coureur français participe à cette compétition pour le plaisir de faire une course au Chili. Dans le bus, la veille un participant chilien a dit à Léo « tu vas mourir…. ». Tous ces sportifs ne sont pas des coureurs du dimanche, ils ont un équipement à la pointe de la technologie et un physique de dieux de l’Olympe. Je n’étais pas très confiant et voire même un peu inquiet pour Léo notre digne et unique représentant français. J’espérais seulement qu’il pourrait terminer cette épreuve diabolique.

autre course

3, 2, 1, GOOO !!! La course démarre Léo arrive à se positionner dans le peloton de tête, nous le perdons de vue. Nous marchons un peu pour essayer de l’apercevoir, nous rejoignons des organisateurs, et nous leur expliquons que nous cherchons à encourager notre pote français, ils se moquent de nous, de lui, avec beaucoup d’humour. Le premier coureur revient vers nous sans être fatigué, on avait l’impression qu’il avait couru 10 km et que c’était une routine pour lui. Après l’épreuve, il nous explique que la semaine prochaine, il doit participer à une course de 80 km et qu’il aimerait essayer avant la fin de l’année le trail du Mont Blanc… l’un des plus durs au monde. Je suis impressionné par les ambitions de cet homme et je comprends que nous sommes dans la cour de très grands sportifs. Puis je reconnais un visage familier dans mes jumelles, Léo qui finalement se trouve en très belle position, je suis ébahi de le voir là. C’est avec surprise que nous entendons des chiliens hurler des encouragements à notre ami Léo lors de son passage devant nous, la foule est en délire et crie « ALLEZ !! ALLEZ !! »Il faut dire que nous avions sympathisé avec de nombreux spectateurs en discutant de choses et d’autres. On se serait cru sur le passage du tour de France avec les paparazzis et les supporters. Nous avons couru à ses côtés pour l’interviewer, comme les journalistes sportifs le font prêts à tout pour avoir un scoop sur sa vie personnelle. Finalement il termine 12ème sur 150 participants en 1h 59. Florent le stagiaire et moi nous étions improvisés ses coaches, nous lui avions préparé un entrainement d’une semaine avec séance de cloche pied et des roulades sur les biceps en fumant des clopes et en buvant des bières à ses côtés.

Maintenant que la course est terminée, tout le monde se rassemble au stand d’arrivée pour attendre le Curanto, un plat artisanal qui se fait avec beaucoup de savoir. Un feu est allumé pendant un temps assez long, puis des pierres sont placées sur les flammes et à ce moment-là les cuisiniers amateurs mettent des moules, puis des palourdes, saucisses, des morceaux de porc, de poulet, des galettes de pommes de terres et du milkaos (une galette de pomme de terre contenant de la viande à l’intérieur). Des fougères et de la mouse recouvrent la nourriture. Après 30 minutes de cuisson le repas est prêt. À vos assiettes et régalez-vous ! Nous étions le spectacle d’après la course. Trois français qui racontent des blagues…en espagnol et comme les chiliens aiment beaucoup rire, c’était la fête. De plus mes cheveux blonds, plutôt rares ici, attirent les regards, je suis comme une espèce d’extraterrestre pour eux.   D’ailleurs les extraterrestres seraient présents au Chili plus particulièrement sur une ile proche de Chiloé, cette ile n’est pas répertoriée sur une carte, on la trouve seulement par hasard, elle est dit-on capable de soigner toutes les maladies.

photo course

Sur le chemin du retour, nous traversons la ville de Cucao et c’est la fête, les enfants jouent au foot dans la rue, je n’ai jamais vu autant de voitures et de monde dans la ville, où normalement seule la pluie est de sortie.

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Quatre jours de vacances

Avec mes deux compères nous avons décidé de découvrir la cordelière du Chili, nous voici donc parti pour le parc de Puyehue. Le but du voyage était de voir d’autre paysage et la neige.

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Nous sommes partis de bonne heure, car 500 km nous séparaient du paradis où nous devions nous rendre. Le bus est le meilleur moyen de transport mais demande de la patience et du temps. L’avantage et le problème avec ce moyen de transport c’est que même quand il est complet, il reste toujours de la place, alors tout le monde s’entasse pour des trajets pouvant atteindre 4 heures de route. Pour sortir de notre ile, nous devons prendre un ferry pendant une trentaine de minute, nous rencontrons un professeur de SVT qui nous montre un albatros aux jumelles et un dauphin Tonio, le plus petit du monde, endémique de Chiloé. Nous nous arrêtons à Puerto Monte pour casser la croute puis nous repartons vers Osorno. Là, nous apprenons que le bus s’arrête. Nous ne pouvons plus poursuivre notre route vers Puyehue Cependant un bus peut nous rapprocher de Los Lagos située à 40 km du parc. Nous décidons de partir et d’aviser. Le conducteur nous demande où nous descendons, nous répondons que nous ne savons pas et que nous cherchons un endroit pour faire du camping, les passagers sourient car on est en plein hiver et la nuit les températures avoisinent 0°C. Déposés au centre du village deux choix s’offrent à nous : le camping ou l’hospitalité d’une âme charitable, nous choisissons la deuxième solution. La chance nous sourit immédiatement. Un homme surgi de nulle part nous propose un hébergement. Il s’appelle Louis et a un cœur énorme, on peut dormir dans son atelier avec son chien. Il parle vite et d’une manière confuse… nous arrivons à le comprendre grâce à nos trois cerveaux combinés. Suite à un accident à la main, il a perdu un doigt à l’âge de 18 ans, un médecin américain a réussi à sauver seulement l’un des deux doigts endommagés. Il nous parle des inégalités entre les classes sociales, l’argent se trouve chez les plus riches. On lui parle de la France alors il nous parle de la marseillaise et de la seconde guerre mondiale. En plaisantant il me dit que je dois être allemand puisque je suis blond, on rigole. Il nous offre un verre de vin en guise de bienvenue. Nous ne pouvons refuser ce cadeau. Et là subitement son chien saigne et vomit. Le jour même il avait subi une opération et la plaie venait de s’ouvrir… Louis nous affirme que ce n’est pas grave mais si ça l’est !, après un dernier verre notre homme charitable part se coucher et nous nous retrouvons vétérinaires pour un soir. Nous allongeons le chien, nous mettons du PQ sur la plaie, et l’enveloppons dans des draps, nous l’abandonnons et partons nous coucher nous aussi en espérant qu’il ne mourra pas pendant la nuit. Dans les petits villages, les rues sont occupées le jour par les hommes et la nuit par les chiens qui font la loi, ils aboient toute la nuit et jouent jusqu’au lever du soleil. Alors évidemment nous ne dormons pas très bien. Heureusement le lendemain, le chien va mieux, Louis vient nous réveiller, nous lui offrons un origami pour le remercier de son accueil.

Nous partons de nouveau en bus pour le parc ou nous arrivons sans problème. Nous rendons visite aux gardes forestiers et nous leur expliquons que nous effectuons un stage au Chili dans l’agence gouvernementale dont ils dépendent. Ils nous font visiter leurs bureaux et nous donnent un passe pour aller gratuitement aux thermes. Je me retrouve en slip avec une charlotte dans une eau à 40°C. Un vrai bonheur! Dans notre maison à Chiloé nous devons nous laver avec des sceaux d’eau. Je n’avais pas pris de vraie douche depuis un mois et demi, quel luxe! Nous restons une heure dans ce paradis à parler avec un banquier. Puis nous revenons voir les gardes du parc, ils nous proposent une maison pour le temps de notre séjour. Quel accueil! La cabane a un poêle à bois, on pourra dormir au chaud et non sous une tente non imperméable. Nous partons nous promener dans le parc, la forêt est magnifique, des immenses arbres cachent des cascades qui conduisent à des lacs à perte de vue.

Le lendemain, nous décidons d’aller voir la neige, le parc n’a pas que des thermes, il a aussi une véritable station de ski. Nous levons les pousses pour rejoindre ce nouveau paradis situé à une vingtaine de kilomètres, la chance nous sourit et nous sommes pris par une famille sympathique. C’était la première fois que je voyais autant de neige, je souriais bêtement devant ce spectacle à couper le souffle. Je fais souvent du stop en France, pour remercier les conducteurs j’offre un origami, j’ai donc fait une grue avec le seul papier qui me restait, une lettre d’amour. Nous sommes allés voir les prix pour louer des skis mais c’est trop cher : 100 € pour la journée, alors nous décidons de tenter notre chance à l’office des gardes forestiers. Nous sommes reçus comme des princes, l’avantage d’être stagiaire à la CONAF. On nous prête des raquettes et en prime une personne vient avec nous, un ami d’un garde du parc qui nous sert de guide. Il y a quelques jours une personne perdue dans les montagnes a été retrouvée gelée, seulement une main dépassait de la neige. Donc pas question de nous laisser partir seuls dans un milieu que nous ne connaissons pas. Nous rencontrons deux alpinistes qui n’ont pas pu monter leur tente à cause du vent, ils ont dormi dans une minuscule cabane sans porte d’un mètre sur deux. Le paysage est magnifique, un volcan inactif barre l’horizon, et les montagnes nous entourent comme un écrin, c’est tellement beau et puissant! On distingue un glacier sur un pic, j’ai l’impression de rêver, je n’avais jamais vu un tel spectacle. C’est différent de tous les autres milieux, tu n’entends pas le bruit de la mer mais la dangerosité reste la même. J’aurais voulu que ce moment ne s’arrête jamais. J’aurais aimé prolonger cette contemplation indéfiniment.

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Nous faisons du stop pour redescendre, et nous sommes pris à l’arrière d’un pick-up. On ferme les vestes et regardons une dernière fois cet univers hors du commun. Le trajet se fait rapidement, puis nous descendons et allons voir les gardes forestiers pour leurs offrir des crêpes bretonnes pour les remercier. Puis nous décidons d’aller aux thermes une dernière fois, nous rencontrons les personnes qui nous avaient pris en stop et elles nous expliquent que les policiers leur ont mis une amende, car nous étions à l’arrière du pick-up… Nous leur donnons chacun un quart de l’amende, les 20 km nous ont couté 15 €, plus cher qu’un taxi !

Après cette malencontreuse histoire, nous allons aux thermes extérieurs gratuits. Ils ne ressemblent pas aux autres, nous n’avons pas nos petites charlottes et la population n’est pas la même, je ne rencontrerai pas d’homme d’affaire ici. Il n’y a plus de place dans la piscine, elle est remplie d’enfants en train de jouer, de familles en vacances. Je me sens bien dans cette atmosphère de bain public. Nous rentrons dans la piscine et une odeur nous chatouille le nez, ça sent l’urine… Peu importe, on reste, l’eau chaude est un luxe pour nous. Au-dessus de la piscine, il y a une passerelle où passe la bourgeoisie pour regarder le bas peuple en train de se laver, ce n’est pas exactement ça mais pourtant j’ai cette impression. Notre séjour s’achève.

Nous repartons déjà pour notre stage, la tête remplie de joies de paysages féeriques et de rencontres riches. Les 11 heures de trajet ne nous semblent même pas une épreuve.

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La coupe d'Amerique du Sud

Depuis un mois se déroule la coupe de foot d’Amérique du Sud. Elle a lieu au Chili et la majorité des Chiliens sont des fervents supporteurs et joueurs de foot. Je dois avouer que je n’apprécie pas particulièrement ce sport mais afin de m’intégrer plus facilement, je me suis obligé à supporter cette équipe avec une certaine ferveur. Par contre je ne vous parlerai que des matches concernant le Chili.

Tout commence par un beau jour d’automne quand Louis un garde forestier m’invite pour l’ouverture de la coupe. Motivé par la pratique de l’espagnol et la dégustation de quelques bières j’accepte donc cette généreuse invitation. Nous commençons par quelques parties de bourro et d’escauva, des jeux de cartes espagnols. Une distraction agréable et plaisante pour patienter. Puis arrive le match tant attendu, Chili-Équateur. Le Chili pratique un foot intelligent très tactique et je suis surpris d’apprendre que cette équipe puisse avoir autant de stars comme VIDAL, VALDIVIA et bien d’autres encore connus des grands amateurs, Louis m’explique quelques règles et c’est à ce moment que le Chili marque, tout le monde saute de joie, puis un deuxième but arrive, les enfants se mettent à danser, je me retrouve dans une atmosphère de folie. La famille est debout et hurle. À la fin du match le score est de 2 à 0 pour le Chili. Pour les deuxièmes troisièmes et quatrièmes matches de la poule je me surprends à éprouver un certain plaisir à l’idée de retourner chez Louis et sa famille si joyeuse et si accueillante. Plus je regarde ces match plus je suis impressionné par les joueurs Chiliens parfois tellement agressifs qu’ils sont capables d’effrayer leurs adversaires. À d’autres moments ils savent se transformer en des fins tacticiens comme Sanchez, un joueur d’une technique impressionnante. Ils arrivent premiers de leur poule et dans le même temps, moi je perds au jeu de carte mais je rajoute un atout à mon jeu il s’appelle « Louis un gars sympathique ».

Pendant les quarts de finale, je me trouve sur une autre ile en compagnie de trois gardes forestiers, elle s’appelle Punihuil. L’ambiance est sympa. Je passe beaucoup de temps à contempler la mer et à écouter le vent souffler assis autour d’un poêle. Pour le match Chili-Uruguay nous partons au restaurant du coin pour manger des empeladas tout en regardant le match. Le Chili joue bien mais n’arrive pas à marquer, les joueurs passent leur temps devant le but de l’adversaire à essayer de tirer sans marquer, ce qui agace le patron du bar. La femme du patron ne cesse de faire des allers retours entre la cuisine et la salle pour surveiller le Chili. Je fais une petit blague je crie GOALLLL, elle court dans la salle et son mari se met à rigoler, une bonne ambiance, surtout quand le Chili marque. Le chili gagne 1-0

La demi-finale oppose le Chili au Pérou. Louis m’a invité à venir chez lui. Pour cette occasion unique, il a fait une spécialité de Chiloé, beaucoup de viande et une sauce avec du piment. On s’installe dans le canapé pour regarder le match, Louis a mis le tee-shirt du Chili, on commence à crier CHI-CHI-CHI LE-LE-LE VIVA EN CHILE !!! Le Pérou est très agressif et se prend un carton rouge, le Chili saisit cette occasion pour marquer avant la mi-temps. Puis le bulldog c’est le surnom d’un défenseur du Chili MENES, marque contre son camp, j’ai l’impression que c’est la fin du monde… Tout le monde est en colère, les insultes font place aux encouragements. Des mots que je ne comprends pas fusent de partout. Quelle cacophonie! Pendant ce temps le Chili se réveille, SANCHEZ tire des 25 mètres et marque un but incroyable. L’ambiance change immédiatement. La joie éclate. Des cris de bonheur envahissent la salle. À la fin du match tout le monde saute. Le Chili va en finale, un évènement qui ne s’était pas produit depuis 27 ans. Après des discussions passionnées sur les chances de gagner nous concluons que l’affrontement avec l’Argentine sera très dur. Elle est la meilleure équipe du monde. Je n’aime pas beaucoup ce sport mais quand on voit tout ce qu’il peut apporter, de joie, de solidarité, de partage, de rencontre et des moments si agréables, je me dis que je commence de comprendre sa popularité.

ENLEVEZ VOS PRÉJUGES ET VIVEZ LA VIE A FOND

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Chiloé, une ile hors du commun

Après notre courte visite à Santiago nous voilà repartis direction plein Sud pour l’île de Chiloé. Nous parcourons environ 1600 km dans un bus très confortable Il s’agit d’une île côtière séparée du continent par le canal de Chicao.Un ferry que nous empruntons fait la navette toutes les 30 minutes. L’île mesure 200 km sur 50 km et compte environ 180000 habitants. Elle possède un patrimoine exceptionnel avec ses édifices religieux classés par l’UNESCO et ses maisons de pêcheurs colorées en bois sur pilotis. Chiloé a toujours tenu une place à part au chili, par son isolement, ses paysages uniques, ses spécificités historiques et culturelles. Elle fut découverte en 1553 par les conquistadores espagnols bien plus tard que le reste de l’Amérique. Après la révolution des mapuches sur le continent en 1593, Chiloé s’isola pendant une longue période. Bastion important de la résistance royaliste pendant la guerre d’indépendance, les Chilotes furent les derniers à accepter la rupture avec l’Espagne. La riche histoire de cette île fait que les habitants sont atypiques et ont une forte relation avec leur terre. Il en résulte donc un fort métissage entre les indigènes et les espagnols, un mélange de mythologie indienne et de sorcellerie européenne. Les légendes appartiennent au quotidien de la population.

Une petite légende

Le trauco est un personnage qui vit dans une forêt et ne se sépare jamais de sa hache. Malgré sa laideur, il adore les femmes. Physiquement représenté comme un nain ignoble marchant sur ses moignons, il se mue en un beau jeune homme pervers qui séduit les femmes de marin et les engrossent dans leur sommeil.

La partie occidentale de l’île est séparée de la partie orientale par une chaîne de montagne, extension méridionale de la chaîne côtière qui court du nord au sud parallèle à la cordillère des Andes. Le climat est de type océanique humide frais. La côte pacifique est beaucoup plus arrosée et sauvage. Une forêt primaire exceptionnelle s’y est développée. C’est dans ce milieu naturel que s’est implanté le parc national de Chiloé.

La pluie fait partie du quotidien, le temps fait du yo-yo en permanence, il pleut dix fois par jour alors n’oubliez pas le ciré, ainsi que les lunettes de soleil car d’un instant à l’autre un beau ciel bleu apparaît pour le plus grand bonheur. En raison de cette fluctuation du temps il en résulte un paysage à couper le souffle, une lumière très crue balaie une île verdoyante et donne l’impression d’être en Irlande. La pêche, le ramassage des algues pour le curanto, (plat traditionnel), la culture de la pomme de terre et le bois essentiel pour le chauffage sont des ressources indispensables à l’île. Les routes en mauvais état réduisent la vitesse et forcent le regard à la contemplation de paysages merveilleux, ponctués d’églises souvent en bois, de cimetières de campagne et de maisons multicolores se détachant sur le ciel tourmenté. Chiloé est une île d’inspiration. De nombreux écrivains l’ont utilisée : Francisco Coloane pour “Le sillage de la baleine”, Isabel Allende pour “Le cahier de Maya” ou encore Luis Sepulveda pour “Le neveu d’Amérique”. Les touristes eux aussi prennent de plus en plus de plaisir à la contemplation de cette nature. Le nombre des hôtels ne cesse d’augmenter, un nouvel aéroport vient d’ouvrir. Le parc, lui, est une véritable attraction. Pour l’instant les touristes ne semblent pas trop perturber cet équilibre fragile. Affaire à suivre

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Un voyage inoubliable au Chili

Bonjour, Bonsoir, Madame, Monsieur, Enfant, Sans Abri, Travailleur, Sans emploi, Flemmard, Vagabondeur, Aventurier d’un soir ou d’une vie, j’écris se blog pour vous, pour voir la magie de partir à l’étranger, mais avant tout je vous expliquerais pourquoi je suis partie et dans qu’elle but !

            Je suis parti faire mon stage d’étude à l’ile de Chiloé au sud du Chili, con dos amigos : Florent et Léo. Ce stage est situé dans un parc naturel appartenant à la CONAF, une agence de l’état chilien s’occupant de l’environnement. Silvie Malgorn nous a trouvé se stage dans notre formation de BTS de Gestion et Protection de la Nature, sans l’aide du ministère de l’agriculture nous ne serions pas parti à l’étranger ! Le stage est composé d’objectif, pour ma part je dois faire un sentier à partir de loupe pour les enfants , une traduction de panneau, utile pour apprendre la langue et une gestion des sentier.  Même si je suis parti faire un stage, je suis surtout parti faire un VOYAGE pour  découvrir un pays inconnu pour ma part.  Je vais donc vous raconter les découvertes du week end, des grands espaces aux petites bourgades                                      

                                                     

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Santiago, capital d'un nouveau monde

Avant de partir à Chiloé, courte escale dans la capitale du Chili située à peu près à mi-chemin des 4 300 km que mesure le pays. Santiago est le lieu de passage obligatoire pour voyager dans ce pays, pratiquement tous les cars partent ou passent par Santiago pour desservir les autres villes. Le bus est le moyen de transport le plus répandu et le moins cher, de plus les cars sont d’un confort exceptionnel, avec des stewards pour les longs trajets. Le tiers de la population du Chili vit dans cette ville soit environ 7 million d’habitants en comptant son agglomération. Elle est dominée à l’est par la Cordillère des Andes responsable en partie des nuages de pollution qui flottent au-dessus de la ville surtout en hiver. J’arrive place d’Italie, tout le monde court, les gens sont pressés,  je me sens perdu dans un monde inconnu, cependant la publicité est là, exactement la même qu’en France, pour rappeler que la mondialisation a atteint toutes les contrées de notre planète. Pourtant le dépaysement est bien là, bribes de propos en espagnol, circulation très dense accompagnée d’avertisseurs très sonores. Je ressens une ambiance particulièrement chaleureuse, colorée et si vivante. Je dispose de peu de temps mais j’ai subitement très envie d’aller me perdre dans des quartiers plus éloignés de cette agitation. Je quitte donc les grandes artères grouillantes de véhicules et bordées d’immeubles élégants néo classiques et art déco Je me laisse guider par mon instinct.

Après des détours dans les rues sinueuses je tombe dans un quartier de maisons colorées, les murs sont de toutes les couleurs, bleu, jaune, rouge ou bien recouverts de tags, tous plus beaux les uns que les autres. Les gens ont l’air heureux. Plus loin des enfants font des percussions dans les nombreux parcs que possède la ville. Peu importe l’heure et l’endroit, partout des gens vendent des bonnets, de la nourriture, des livres…  pour le plus grand bonheur de tous. Je me sens bien dans ce quartier. Dans l’immédiat je dois prendre le bus qui me conduit beaucoup plus au sud dans le parc de Chiloé
à 1 600 km de là.

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Une plage a en couper le soufle

Cette fois ci me voici parti pour une longue randonnée, les gardes forestiers m’ont parlés d’un endroit magnifique accessible seulement à pied. Ce lieu est une plage perdu entre les falaises, ou la nature est la seul chose présente.

Avant de partir, je savais qu’il y avait un refuge sur la plage, Il était coupé de toute civilisation et donc d’eau, d’électricité et de gaz, de plus il y a 24km pour aller à ce refuge. L’éveil avant de partir, nous faissons du pain, des salades, une préparation minutieuse afin de partir tôt.

Le grand jour est arrivé, nous somme quatre a partir, tous équipé contre la pluie : Florent le fidèle compagnon, Léo le téméraire et Ximena l’intrépide. (Ximena fait un stage au parc, elle vie à Santiago et étudie la biologie marine). Après avoir pris la route nous voici face a la première difficulté, une plage de 4km voir plus, les jambes travaillent, et l’esprit rêvasse. J’aime bien les plages, il y a toujours des choses à trouver sur une plage comme des plumes, des galets et autre fortune que la mer peut nous apporter. Les oiseaux aussi ont l’air de bien se porter, on voit des dizaines d’huitrier oie austral et un rapace qui passe plus de temps à courir qu’à voler, il fait partie des espèces menacées.  Le sentier nous emmène sur des zones humides puis sur une autre plage, le chemin est beau, mais boueux.  Seul les 4×4 peuvent passer par ces chemins, les vaches ont pris possession par la présence quasi nul de l’être humain. On arrive à la partie la plus difficile de randonnée, imaginez des chemins de montagne, mais c’est des falaises immenses de 400 mètre, chaque pas est une souffrance. On a vu un pic de Magellan, une bestiole atypique, lorsqu’il tape contre un arbre, le choc est violent alors il enroule sa langue autour de sa boite crânienne pour ne pas avoir mal. Après tant d’effort nous arrivons a la plage, heureux de voir un paysage aussi beau et d’avoir atteint notre but. La page est grande, les oiseaux sont aussi de la partie comme le faucon pèlerin qui nous impressionne par ces voltiges a en couper le souffle, lui aussi est un sacré casse-cou, il plonge la tête la première dans l’eau, il a une sorte de casque sur la tête pour le protéger de l’impact. La nature fait bien les choses.  Un ruisseau part de la forêt pour rejoindre la mer, on a de l’eau potable et en prime une loutre de mer vient nous passer le bonjour.

Une  petite histoire sur la loutre de mer.

La loutre est une espèce protégée, on la chassait pour sa fourrure mais depuis quelque année,  le nombre de loutre diminue toujours dans le nord de l’Amérique. La cause est que les orques chassent les loutres car il non plus de phoque et de grand poisson à se mettre sous la dent. Les oursins sont le régime alimentaire des loutres mais comme il n’y a pratiquement plus de loutres, les oursins pullulent. Les oursins mangent les algues mais les algues sont la cachette idéale pour les poissons. La  complexité de la nature fait en sorte que tout fonctionne en harmonie et de manière simple, mais l’homme en agissant de manière impulsive, en détruisant une seule espèce, provoque des conséquences néfastes pour la nature. Faisons attention pour ne pas détruire un monde si fragile.

Après un repas froid et des discussions sur la beauté des lieux nous allons dormir,Le lendemain le soleil disparait pour la pluie, elle ne nous quitter plus jusqu’à la fin de journée…. On voit une Chouette, la plus petite de sa famille 15 cm, la grande majorité des chouettes sont nocturnes, elle non.  On refait le même chemin qu’à l’aller mais en beaucoup moins de temps, la pluie doit être la cause. Une maison est situé sur le chemin, en haut d’une falaise mais les voitures ne peuvent pas passer, alors quand le paysan veut aller faire ces courses ou voir du monde, il est obligé de marcher 3km dans les montagnes, sacré vie. Les vagues frappent la plage d’une tels énergie que l’écume se transforme en mousse en permanence et fini sa vie en train de voguer sur la plage par le vent. Les pélicans chassent et nous on ouvre la bouche, ébahie du spectacle. La plage est terminée il nous reste plus qu’une dizaine de kilomètre, la pluie a traversé tous nos os, heureusement le stop fonctionnent et nous dépose devant la maison. Après quatre chocolats chauds, nous retrouvons nos mains et le cœur est encore plus chaud par ces moment de bonheur

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