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Quatre jours de vacances

Avec mes deux compères nous avons décidé de découvrir la cordelière du Chili, nous voici donc parti pour le parc de Puyehue. Le but du voyage était de voir d’autre paysage et la neige.

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Nous sommes partis de bonne heure, car 500 km nous séparaient du paradis où nous devions nous rendre. Le bus est le meilleur moyen de transport mais demande de la patience et du temps. L’avantage et le problème avec ce moyen de transport c’est que même quand il est complet, il reste toujours de la place, alors tout le monde s’entasse pour des trajets pouvant atteindre 4 heures de route. Pour sortir de notre ile, nous devons prendre un ferry pendant une trentaine de minute, nous rencontrons un professeur de SVT qui nous montre un albatros aux jumelles et un dauphin Tonio, le plus petit du monde, endémique de Chiloé. Nous nous arrêtons à Puerto Monte pour casser la croute puis nous repartons vers Osorno. Là, nous apprenons que le bus s’arrête. Nous ne pouvons plus poursuivre notre route vers Puyehue Cependant un bus peut nous rapprocher de Los Lagos située à 40 km du parc. Nous décidons de partir et d’aviser. Le conducteur nous demande où nous descendons, nous répondons que nous ne savons pas et que nous cherchons un endroit pour faire du camping, les passagers sourient car on est en plein hiver et la nuit les températures avoisinent 0°C. Déposés au centre du village deux choix s’offrent à nous : le camping ou l’hospitalité d’une âme charitable, nous choisissons la deuxième solution. La chance nous sourit immédiatement. Un homme surgi de nulle part nous propose un hébergement. Il s’appelle Louis et a un cœur énorme, on peut dormir dans son atelier avec son chien. Il parle vite et d’une manière confuse… nous arrivons à le comprendre grâce à nos trois cerveaux combinés. Suite à un accident à la main, il a perdu un doigt à l’âge de 18 ans, un médecin américain a réussi à sauver seulement l’un des deux doigts endommagés. Il nous parle des inégalités entre les classes sociales, l’argent se trouve chez les plus riches. On lui parle de la France alors il nous parle de la marseillaise et de la seconde guerre mondiale. En plaisantant il me dit que je dois être allemand puisque je suis blond, on rigole. Il nous offre un verre de vin en guise de bienvenue. Nous ne pouvons refuser ce cadeau. Et là subitement son chien saigne et vomit. Le jour même il avait subi une opération et la plaie venait de s’ouvrir… Louis nous affirme que ce n’est pas grave mais si ça l’est !, après un dernier verre notre homme charitable part se coucher et nous nous retrouvons vétérinaires pour un soir. Nous allongeons le chien, nous mettons du PQ sur la plaie, et l’enveloppons dans des draps, nous l’abandonnons et partons nous coucher nous aussi en espérant qu’il ne mourra pas pendant la nuit. Dans les petits villages, les rues sont occupées le jour par les hommes et la nuit par les chiens qui font la loi, ils aboient toute la nuit et jouent jusqu’au lever du soleil. Alors évidemment nous ne dormons pas très bien. Heureusement le lendemain, le chien va mieux, Louis vient nous réveiller, nous lui offrons un origami pour le remercier de son accueil.

Nous partons de nouveau en bus pour le parc ou nous arrivons sans problème. Nous rendons visite aux gardes forestiers et nous leur expliquons que nous effectuons un stage au Chili dans l’agence gouvernementale dont ils dépendent. Ils nous font visiter leurs bureaux et nous donnent un passe pour aller gratuitement aux thermes. Je me retrouve en slip avec une charlotte dans une eau à 40°C. Un vrai bonheur! Dans notre maison à Chiloé nous devons nous laver avec des sceaux d’eau. Je n’avais pas pris de vraie douche depuis un mois et demi, quel luxe! Nous restons une heure dans ce paradis à parler avec un banquier. Puis nous revenons voir les gardes du parc, ils nous proposent une maison pour le temps de notre séjour. Quel accueil! La cabane a un poêle à bois, on pourra dormir au chaud et non sous une tente non imperméable. Nous partons nous promener dans le parc, la forêt est magnifique, des immenses arbres cachent des cascades qui conduisent à des lacs à perte de vue.

Le lendemain, nous décidons d’aller voir la neige, le parc n’a pas que des thermes, il a aussi une véritable station de ski. Nous levons les pousses pour rejoindre ce nouveau paradis situé à une vingtaine de kilomètres, la chance nous sourit et nous sommes pris par une famille sympathique. C’était la première fois que je voyais autant de neige, je souriais bêtement devant ce spectacle à couper le souffle. Je fais souvent du stop en France, pour remercier les conducteurs j’offre un origami, j’ai donc fait une grue avec le seul papier qui me restait, une lettre d’amour. Nous sommes allés voir les prix pour louer des skis mais c’est trop cher : 100 € pour la journée, alors nous décidons de tenter notre chance à l’office des gardes forestiers. Nous sommes reçus comme des princes, l’avantage d’être stagiaire à la CONAF. On nous prête des raquettes et en prime une personne vient avec nous, un ami d’un garde du parc qui nous sert de guide. Il y a quelques jours une personne perdue dans les montagnes a été retrouvée gelée, seulement une main dépassait de la neige. Donc pas question de nous laisser partir seuls dans un milieu que nous ne connaissons pas. Nous rencontrons deux alpinistes qui n’ont pas pu monter leur tente à cause du vent, ils ont dormi dans une minuscule cabane sans porte d’un mètre sur deux. Le paysage est magnifique, un volcan inactif barre l’horizon, et les montagnes nous entourent comme un écrin, c’est tellement beau et puissant! On distingue un glacier sur un pic, j’ai l’impression de rêver, je n’avais jamais vu un tel spectacle. C’est différent de tous les autres milieux, tu n’entends pas le bruit de la mer mais la dangerosité reste la même. J’aurais voulu que ce moment ne s’arrête jamais. J’aurais aimé prolonger cette contemplation indéfiniment.

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Nous faisons du stop pour redescendre, et nous sommes pris à l’arrière d’un pick-up. On ferme les vestes et regardons une dernière fois cet univers hors du commun. Le trajet se fait rapidement, puis nous descendons et allons voir les gardes forestiers pour leurs offrir des crêpes bretonnes pour les remercier. Puis nous décidons d’aller aux thermes une dernière fois, nous rencontrons les personnes qui nous avaient pris en stop et elles nous expliquent que les policiers leur ont mis une amende, car nous étions à l’arrière du pick-up… Nous leur donnons chacun un quart de l’amende, les 20 km nous ont couté 15 €, plus cher qu’un taxi !

Après cette malencontreuse histoire, nous allons aux thermes extérieurs gratuits. Ils ne ressemblent pas aux autres, nous n’avons pas nos petites charlottes et la population n’est pas la même, je ne rencontrerai pas d’homme d’affaire ici. Il n’y a plus de place dans la piscine, elle est remplie d’enfants en train de jouer, de familles en vacances. Je me sens bien dans cette atmosphère de bain public. Nous rentrons dans la piscine et une odeur nous chatouille le nez, ça sent l’urine… Peu importe, on reste, l’eau chaude est un luxe pour nous. Au-dessus de la piscine, il y a une passerelle où passe la bourgeoisie pour regarder le bas peuple en train de se laver, ce n’est pas exactement ça mais pourtant j’ai cette impression. Notre séjour s’achève.

Nous repartons déjà pour notre stage, la tête remplie de joies de paysages féeriques et de rencontres riches. Les 11 heures de trajet ne nous semblent même pas une épreuve.

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